Pourquoi???

C’est vrai cela… Pourquoi avoir envie d’aller observer des dauphins (oui, je sais, cette question est d’un non sens^^!) ??

Pour ma part, j’ai toujours été attirée par la compréhension mais également la protection de notre environnement. C’est ainsi que je tiens à pouvoir continuer à travailler et à étudier l’environnement marin, déjà parce que cela correspond à mon domaine d’étude, mais aussi parce qu’elle plaisir que de pouvoir aller observer les mammifères marins en restant toute la journée sur un bateau!

C’est ainsi que durant l’été 2012, j’ai participé aux travaux effectués par le GECC (Voulant dire : Groupe d’Etudes des Cétacés du Cotentin). Le GECC est basé à Cherbourg-Octeville dans le département de la Manche, c’est une association qui a pour objectifs l’étude et la préservation des mammifères marins présents dans le golfe normand-breton. C’est ainsi que le travail du GECC regroupe plusieurs thématiques aussi variées que l’observation des populations de mammifères marins, l’analyse scientifique des données prélevées, la réalisation d’expertises pour des projets d’implantations de parcs d’éoliennes et d’hydroliennes ainsi que la sensibilisation du public à la protection des cétacés dans la Manche.

À travers cet article, je tiens à expliquer l’intérêt et les difficultés de pouvoir étudier sur le terrain les populations animales et en quoi ces études s’inscrivent dans un projet de conservation.

Pourquoi s’intéresser au dauphins présents dans cette zone?

Et pourquoi pas??? Les dauphins…tout le monde aime cela…mais il faut savoir qu’il existe une importante population dans cette région. C’est même la plus importante population de grands dauphins (nom latin : Tursiops truncatus) de France. Des centaines d’individus ont été observés dans une zone allant du Cap de Fréhel à la pointe nord ouest du département de la Manche, incluent les îles anglo-normandes.

Ce qui représente cette zone :

carte-zone1
Le golfe Normand Breton

Ainsi, afin de pouvoir protéger cette population, il est primordiale de la connaître et donc de l’étudier.

Quelles sont les méthodes d’études permettant justement cette étude?

Un exemple de méthode d’étude : la photo-identification

Différentes méthodes ont été mises au point, des analyses génétiques (notamment pour le sexage ou le comportement alimentaire) des études d’impacts de polluant (par des prélèvements de graisse) mais aussi un important travail de photo-identification sont actuellement menés par le GECC.

Lorsqu’un groupe est repéré, le travail de terrain peut commencer. Dans le cadre de ces recherches, le GECC dispose d’appareils photos reflex numérique pour prendre les ailerons des différents individus rencontrés. L’objectif de cette pratique est de permettre de pouvoir faire un travail de photo-identification et donc le recensement des différents individus présents. Elle est très utilisée par de nombreux groupes de recherche et permet de reconnaître les individus d’une espèce au sein d’une population donnée.

Mise en pratique : comment faire la différence entre les individus???

Dauphin aileron Dauphin aileron

Dauphin aileron

Dauphin aileron

Dauphin aileron

Quelles sont les différences observées? En quoi peut-on dire que ce sont deux individus différents?

L’estimation de la population est donc réalisée à partir de photographies prises lors des sorties suivant un protocole adapté. Chaque dauphin est unique et est reconnaissable grâce à ses marques naturelles comme la pigmentation, la coloration, la forme et les marques de sa nageoire dorsale. Chez les dauphins, les marques naturelles présentes sur l’aileron dorsale permettent de différencier les individus. Chaque photographie est donc étudiée minutieusement et répertoriée. cette méthode permet en y appliquant des modèles de capture-marquage-recapture de déterminer les paramètres démographiques de la population. Ainsi, chaque aileron est rentré dans une base de données. À chaque sortie, il y a comparaison des nouvelles photos prises avec celles déjà enregistrées. Ce qui permet de mettre en évidence les individus déjà recensés et d’analyser comment ils évoluent dans cette zone, l’exploitent et de pouvoir déterminer la constitution des différents groupes présents. les individus jamais répertorié sont rentrés à leur tour dans la base de données et pourront être également suivis en cas de recapture. Cette méthode permet donc de suivre les déplacements, l’organisation sociale et les comportements de ces animaux.

Comment se passe une journée type?

Afin de pouvoir effectuer ce travail, les journées de terrain peuvent parfois être épuisantes… mais, cependant, quelle satisfaction que de pouvoir contempler ces animaux évoluer librement dans leur milieu naturel.

Une journée de terrain commence généralement très tôt. Il faut prendre le temps avant chaque départ de vérifier que le matériel est en bon état, que les appareils électroniques sont correctement chargés. Et oui, il faut que tout soit parfait afin de pouvoir enregistrer les données utiles à la compréhension et à l’évolution de cette population.

Afin de pouvoir évoluer en mer, l’association dispose pour cette étude d’un semi-rigide répondant au nom de « bonaventure« . Sa mise à l’eau se fait principalement au niveau de 2 endroits :

  • soit au port de Granville ce qui permet de couvrir la zone du sud allant de la baie du Mont Saint Michel à Saint Malo en passant par l’archipel des Minquiers.
  • soit au port de Diélette situé à coté de Flamanville pour la zone Nord.

Ainsi, pour croiser les différents groupes de dauphins, plusieurs heures en mer, parfois plus de 10, peuvent être effectuées en une journée. Il faut aussi indiquer que les sorties se font uniquement lorsque la mer est calme (vitesse du vent de moins de 6 nœuds…ce qui est plus simple pour voie les dauphins…). Les sorties n’ont donc pas lieu tous les jours et ainsi lorsque la météo le permet, il faut au maximum en tirer profit afin de rentabiliser l’effort de recherche.

Mais contrairement à ce que l’on serait tenté de penser (Et oui… Les clichés ont la vie dure^^!), les sorties sont assez nombreuses et permettent un bon suivi de la population de dauphins… Comme quoi il fait souvent beau dans cette région de France !

En bref…

Les missions d’études faites par les biologistes sur le terrain répondent à des protocoles spécifiques, établis de façon rigoureuse afin de pouvoir au mieux recenser, comprendre le comportement de ces populations au sein de leur environnement et afin de pouvoir mettre en place des programmes de conservation.

Contact

Gecc : Groupe d’Etude des Cétacés du Cotentin

site internet : https://gecc-normandie.org/

L’association recherche des bénévoles afin de pouvoir l’aider dans leurs études. Cependant, il est quand même important de préciser que des connaissances en biologie marine sont requises ainsi qu’un grand intérêt pour l’étude de ces animaux.

Je prends le temps de les admirer

Dauphins dans la Manche au large de Diélette

Dauphins dans la Manche au large de Diélette

Dauphins saut

Dauphins saut

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