La déprime, un mot que j’entends souvent et que je ressasse sans cesse. Est-ce que je déprime, est-ce que je suis dans cette phase où les choses me semblent noires et tristes?

Le retour de voyage est un sacré défi. Quand on part on a quelques appréhensions et de l’anxiété, mais cela est du au fait que nous nous lançons en terrain inconnu et que nous allons vivre des expériences qui vont nous faire vibrer. Et surtout voyager, c’est l’accomplissement d’un rêve, nous sommes tout excités. Le retour est plus compliqué, il nous faut reprendre une vie que nous avions quitté, même si le prochain voyage est prévu…il n’en reste pas moins difficile.

Pourtant quand on rentre de voyage, on passe par différents stades, différentes étapes qui nous font passer par différentes émotions.

« Je rentre à la maison »

Cette première étape nous rends quelque part assez (relativement) content, on rentre à la maison et l’on va retrouver ce qui nous a manqué comme la bonne bouffe à la française (fromages et vins…me revoilà!!!), donc on a au départ pas trop d’appréhension pour les premiers jours.

Et voilà, billet d’avion en poche, je suis à l’aéroport de Singapour, fin de ce long voyage en Asie, 10 mois en tout. Beaucoup d’événements se sont passés durant cette période, j’en éprouve encore des sensations fortes et mes divers souvenirs vont m’accompagner durant toute la durée du vol, autant dire que du coup, il est passé vite.

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France…me revoilà !!!

Le lendemain matin, retour à Paris, les récents événements en France et à Paris font que dès que je débouche du long couloir reliant l’avion à l’aérogare, nous sommes accueillis par la police aux frontières afin de déjà contrôler nos passeports. La douane se passe ensuite sans soucis. Puis comme je voyage léger, je n’avais rien en soute et je file donc directement vers la sortie.

Et là, déjà le choc. Dehors, il fait gris, il fait froid aussi et déjà cette question qui s’installe dans ma tête et qui ne quitte plus : « qu’est-ce que je fais là? »

Point positif quand même, je rentre en septembre, il fait encore relativement bon…je n’ai pas refait l’erreur de revenir en plein hiver comme lorsque j’étais revenu d’expat pendant 2 ans, en plein mois de janvier et sous la neige!

Et puis on se permet le premier vrai repas du retour, une bonne viande bien épaisse, un bon camembert bien coulant accompagné d’un bon vin. Pour nos papilles c’est tout simplement le bonheur, mais il est de courte durée.

Vient ensuite la phase du « je viens revoir mes proches »

Une fois passé le premier choc du retour, on est encore tout joyeux à l’idée de revoir nos proches et de partager avec eux à nouveau…comme avant.

Arrivée dans ma famille, revoir mes amis, on est content de pouvoir partager nos histoires mais au bout de la dixième fois que nous racontons nos trajets en bus, nos erreurs de timing et de trouver une chambre à la va vite, les plats parfois bizarres que j’ai pu manger, je sens que mes auditeurs du moment sont un peu lassés.

J’ai énormément à raconter, mais j’ai aussi l’impression d’être en décalage. Ce qui est vrai, il y a un décalage car nous n’avons pas vu, vécu de la même façon. Il arrive aussi que nous ayons loupé quelques moments forts comme un mariage, une naissance, parfois malheureusement un décès, sans compter les anniversaires et toutes les petites choses de la vie qui ont marqué celle de nos proches durant notre absence. Alors autant j’ai l’impression de les ennuyer avec mes histoires, autant ils m’ennuient aussi avec les leurs…décalage te voilà!

Après tout comme disait Sacha Guitry : « En somme, je m’aperçois que les voyages, ça sert surtout à embêter les autres une fois qu’on est revenu ».

Bon et en plus de sa famille, on retrouve également des petits plaisirs simples comme de pouvoir prendre un bon bain bien chaud avec tout plein de mousses, mais c’est un plaisir qui a ces limites.

La phase du « je cours partout…et n’ai pas le temps de trop penser »

Passé ces premiers jours, on essaye de retrouver une vie adaptée à notre société…mais c’est dur!

En rentrant, on a une foule de choses à faire. On a laissé notre vie entre parenthèse pendant une période plus ou moins longue. On a tout préparer pour partir, il nous fait refaire le schéma mais cette fois en sens inverse. De plus ce retour en France est aussi marqué pour nous par un  changement de cadre de vie, adieu la façade Atlantique…et bonjour Paris!

Donc il faut se réinstaller quelque part, trouver un logement, refaire des assurances dont on se passerait bien mais qui sont malheureusement obligatoires ici…refaire des changements d’adresse, se ré-équiper (et oui…fini les tongs et les shorts…).

Bref, il y a tellement à faire que du coup, il est pas vraiment possible de trop penser à ce retour et aux diverses conséquences qui l’accompagne.

Mais voilà, à un moment on constate que, le train train à repris le dessus et que la routine naissante nous pèse déjà…

La phase du « mon esprit n’est pas rentré »

Et puis après, patatras, les émotions du retour nous quitte et nous sommes comme coincé entre deux mondes. L’envie de repartir, et malheureusement la réalité, et oui, nous sommes rentrés!

Alors certes les bons plats, les amis, la famille, sur le coup, on est content de pouvoir les retrouver. Mais le soucis, c’est qu’ils étaient déjà là avant que l’on parte, je me rends compte au final que rien n’a changé entre le avant et le après départ. Cela manque de nouveautés, d’insolites, de découvertes, de liberté et c’est cela qui pour moi me manque le plus.

Une fois que toutes ces formalités sont accomplies et que l’on se retrouve dans un rythme plus casanier, j’ai ressentit l’effet du « retour de boomerang ». Je m’explique. Une fois la petite euphorie du retour, celle où l’on revoit nos familles, amis, celle ou l’on s’occupe de se refaire une vie ici, et bien rapidement cette sensation de liberté tant éprouvée en voyage a disparu.

L’appel de la route ne m’a pas quitté, bien au contraire, j’ai l’impression parfois que physiquement je suis là, mais que mon esprit est toujours en vagabondage, qu’il continue d’errer quelque part dans le monde. Ce qui fait que c’est assez difficile que de pouvoir se remettre, même pour un court temps dans une vie qui me paraît contraignante et je dois l’avouer plutôt fade. Alors oui, j’ai la chance d’être sur Paris, qu’il y a énormément à faire et aussi de bosser dans une thématique qui a toujours été pour moi une grande passion, à savoir l’étude de la biologie et de la géologie, je ne peux m’empêcher de penser que c’était quand même « vachement » mieux en voyage. Car ce que j’étudie, je les ai vu sur place, comme les volcans, les barrières de corail, les lagons, les tortues, les plantes…et on se dit que c’est quand même nettement mieux de voir cela en vrai que coincé entre des livres et un PC…

Viens ensuite la phase du « c’est décidé, je repars »

Des projets, on en a, ce n’est pas le soucis. Seulement avant cela, il nous faut réaliser ce pourquoi nous sommes rentrés et nous nous sommes laissés 10 mois pour les réaliser. Ouf il n’en reste plus que 7-8 mois avant de ré-embarquer mais voilà…c’est long.

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Nos futurs envies de voyage se mettent en place…

Du coup « j’essaye malgré tout d’en profiter »

Pour faire passer la pilule, après tout, on se dit que c’est comme un long transit, on s’octroie des petits city-trip de part et d’autres, ainsi malgré un petit tour dans les Alpes, dans le nord Bretagne, en Normandie, en Charente, dans le Nord…puis un départ prochain pour les fêtes à Lisbonne, on se dit que ce n’est quand même pas pareil. En effet, on ne quitte pas cette vie bien rangée que l’on a en France, on se permet un congé, une escapade, mais ce n’est pas une vadrouille de longue durée.

Alors oui, je suis d’accord, la France est un beau pays, il y a des régions que je ne connais pas et qu’il faudrait que je découvre. J’ai beau entendre que le voyage est un état d’esprit, je n’arrive pas à retrouver autant de sensations que ce que j’ai pu avoir loin de mon pays. Il n’y a pas ici la barrière de la langue, on est pas perdu, on est quand même amené à moins se démerder que lorsque l’on vadrouille sur les sentiers à l’autre bout du monde.

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On en profite malgré tout!

Après, il y aussi l’idée de prolonger le voyage, en faisant des albums, surtout en cette période où les fêtes arrivent et où ma famille me demande des calendriers et autres livres photos relatifs à mon voyage. Mais c’est quand même parfois dur que de se replonger dans ses souvenirs car « qu’est-ce que c’était bien! ».

Et puis, on rencontre d’autres passionnés de voyage avec lesquelles discuter, on assiste à des conférences, des expos, des salons. Qui ont pour effet, plus qu’autres choses de nous inciter à repartir de plus belle!!

Quels exemples de déprime post-voyage :

  • On avale faite fait bien fait un petit déjeuner le matin…mais elles sont où les grandes plâtrés de fruits et ces couleurs???
  • On retrouve notre chaise de bureau…elle est toujours là, il y a des choses comme cela qui sont immuables!!
  • La joie des transports en communs (cela touchera surtout les parisiens…) ah la métro, le RER, les bus bondés, c’est fini ces moments où l’on vous offrait un peu à boire ou à manger avec les musiques criardes à fond…maintenant c’est chacun pour soi!
  • Le manque de soleil…pourquoi quand on part bosser il fait nuit…et quand on rentre, ben il fait nuit aussi..
  • Le pire, Facebook!! et de voir tout ceux que nous avons rencontré, encore sur les routes, ceux qui partent pour un premier long voyage et sont tout excités (on les comprends), ceux qui voyagent tout le temps…et nous, ben on est là…
  • Nos proches ne sont pas aussi enthousiastes que nous quand on leur raconte nos aventures (mais pourquoi, c’était génial!!!)

Bref, je me dis que « L’aventure c’est la vie », alors vivement le prochain départ!!!

 

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